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« CRISPR-Cas9 : un outil de génétique fabuleux »

Yann Hérault, directeur de recherche au CNRS

3 questions à Yann Hérault, directeur de recherche au CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique), sur la définition et les applications pratiques de CRISPR-Cas9, un système qui ouvre d’intéressantes perspectives sur la modification génétique.

Qu’est-ce que CRISPR-Cas9 ?

C’est un système qui a été découvert dans des bactéries et qui leur permet de se protéger d’infections par des virus. Lorsqu’un virus infecte une bactérie, elle peut intégrer dans son génome une petite partie de l’ADN, et lorsqu’il y aura une nouvelle infection, ce morceau d’ADN transcrit pourra s’associer à une protéine, la Cas9, pour couper l’ADN du virus. Là où cela devient intéressant, c’est que cela peut être détourné pour en faire un outil de génétique fabuleux.

Il y a au CNRS ainsi qu’au Muséum national d’histoire naturelle, à Paris, des chercheurs qui se spécialisent sur l’étude du fonctionnement de ce système et qui l’utilisent à différents niveaux pour créer des modèles de pathologies ou étudier la fonction des gènes.

Quelles sont les applications ?

Cela ouvre des perspectives énormes. On peut l’utiliser pour apporter des modifications de quelques bases nucléiques dans l’ADN ou pour des modifications plus importantes sur de grandes régions de chromosomes. C’est applicable à quasiment toutes les espèces et à plusieurs niveaux. Cela a vraiment révolutionné les possibilités en la matière. Pour donner un ordre de grandeur, avant, il fallait entre 12 et 18 mois à une équipe déjà expérimentée pour réaliser des modifications dans le génome de souris à un endroit précis. Aujourd’hui, on peut le faire en 6 à 9 mois dans la plupart des cas et on a un meilleur contrôle, d’autant que nous disposons désormais de logiciel informatique qui permet de cibler un endroit précis.

Y a-t-il des freins ?

On est encore loin de pouvoir l’appliquer pour des approches thérapeutiques chez l’homme, mais il est probable que cela arrive à un moment ou à un autre. Des scientifiques travaillent pour modifier des cellules précurseurs de moelle osseuse modifiées et apporter des améliorations chez un patient. Mais il faut toujours vérifier ce qu’on veut obtenir. Même si l’outil est très précis et contrôlable, il peut toujours y avoir des activités en-dehors de la cible. La question se trouve dans le ciblage de la modification : la délivrer au bon endroit et au bon moment dans l’organisme.

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La formation « In vivo CRISPR-Cas9 genome editing », à destination des chercheurs et des ingénieurs extérieurs au CNRS disposant déjà de bases en génétique et biologie moléculaire, permet d’en apprendre plus sur la modification génétique et son fonctionnement. Sur deux jours, elle se divise en trois parties : des cours d’introduction et études de cas, un atelier pratique, et une discussion de groupe.

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