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40 ans de formation vus par Bernard Bruche

Bernard BrucheEntretien avec Bernard Bruche.  

Bernard Bruche est l’un des plus anciens acteurs privés de la formation sur le marché français. L’organisme a créé les premières formations sur la mémoire en 1973 et les formations en gestion du temps en 1974. Depuis, plus de 10.000 personnes ont été formées à l’organisation de mémoire et 12.000 à la gestion du temps.

Bernard Bruche propose des formations en management, communication, vente, formation de formateur, RH, vente et secrétariat. L’organisme bénéficie de la certification ISO 9001 et d’un taux de recommandation de ses stagiaires de près de 99%.

Avec plus de 40 ans d’expérience sur le marché de la formation en France, Bernard Bruche nous fait part de son analyse de l’évolution du marché et de ses inquiétudes vis-à-vis des conséquences de la réforme de la formation.

 Retrouvez toutes les formations de Bernard Bruche. 

L’évolution du marché de la formation depuis les années 70.

Au fil des années, Bernard Bruche a remarqué que le marché de la formation est cyclique : il est soumis aux aléas économiques et financiers. En période de crise, un ralentissement de la demande est souvent constaté car les salariés n’osent pas forcément réclamer leurs droits à la formation. Les entreprises sont frileuses dans leurs investissements, mais dès la reprise, les formations considérées comme un besoin non prioritaire redémarrent. Cependant pour Bernard Bruche, cette crise dure et l’État assène un coup fatal au marché déjà fragile.

Les demandes de formation dépendent aussi des évolutions de la société, de la parution d’un livre, de la publication d’un article de presse ou de l’émergence d’une problématique soulevée par une entreprise ou un responsable politique.  

A titre d’exemple, Bernard Bruche explique qu’en 1974, lorsqu’il met en place la formation en gestion du temps, seules certaines entreprises ont commencé à suivre cette formation. Ce n’est qu’à partir de 1983, l’année de la publication du livre l’Art du Temps de Servan Schreiber qui relance les thématiques de l’efficacité professionnelle et de la gestion du temps, que la formation a rencontré un véritable succès.

Aujourd’hui, Bernard Bruche pense que le marché de la formation, s’il a connu un ralentissement durant les années 2014 (la crise) et 2015 à cause de la réforme de la formation professionnelle, va finir par reprendre avec un temps différé. Il y aura cependant des conséquences brutales sur les marges et la réduction du nombre d’acteurs privés (baisse des prix et tendance à la création de centres de formation dépendant d’une entreprise)

La réforme de la formation professionnelle perçue négativement par la profession.

Selon Bernard Bruche, la réforme de la formation professionnelle a été mise en place malgré « une totale méconnaissance du marché de la formation par l’État ». Selon lui, le compte personnel de formation résulte d’une « totale improvisation » de la part des autorités et cela a contribué à une incompréhension généralisée au niveau des entreprises.

Cette réforme, si elle répond aux besoins de salariés devant se requalifier, ne répond pas aux sollicitions d’autres qui souhaitent se perfectionner en quelques jours, ou quelques heures, cette seconde catégorie étant plus importante que la première.

D’autre part les cabinets spécialisés dans les formations courtes ne peuvent mettre à leur catalogue en quelques mois des programmes correspondant à cette nouvelle demande. De grosses structures ont décidé d’abandonner purement et simplement ce secteur.

Bernard Bruche regrette également le peu de communication qui a été faite autour de la réforme, et notamment autour de l’entretien professionnel. Par exemple, toutes les entreprises ne sont pas informées qu’elles peuvent être sanctionnées financièrement si elles n’ont pas fourni au moins une action de formation à leurs salariés en six ans.

Pour Bernard Bruche, la réforme de la formation professionnelle a eu un impact négatif sur l’activité d’une grande partie des organismes de formation. Si certains organismes sont moins impactés par la réforme du fait de leur offre de formation (par exemple les formations en sécurité, droit…), d’une manière générale, la réforme aura été perçue négativement par nombre d’entre eux.

En conclusion, selon Bernard Bruche, le marché de la formation va finir par reprendre mais il aura souffert de la réforme mal organisée de la formation. Il note que la réforme a été préparée sur le moyen terme mais a été décidée trop rapidement, en quelques jours seulement. Il eut été préférable que DIF et CPF cohabitent pendant quelques années.

Quelle sera la formation du futur ?

Formation en e-learning exclusivement ? Maintien du présentiel ? A la question « quelle sera la formation du futur ? », Bernard Bruche n’est pas catégorique.  

Selon le formateur, malgré l’émergence et le développement du e-learning, les formations en présentiel continueront à perdurer. Au sein de sa clientèle, les salariés de 40 ans et plus ne sont pas toujours adeptes des formations en e-learning contrairement aux plus jeunes générations. Lors de formations accompagnées de cette méthode, le taux de suivi du e-learning ne dépassait pas 15 %.

Les formations mixant les deux modalités de formation (blended-learning) vont continuer à se développer ainsi que les formations en e-learning  pour les personnes à l'aise avec les outils informatiques.  

Ce qui est certain c'est que les formations du futur seront courtes et personnalisées ; c’est la raison pour laquelle Bernard Bruche propose depuis plusieurs années une formule spéciale : « 1 stagiaire, 1 jour, 1 animateur et 1 suivi ».